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Caisse de grève – Syndicalistes !
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Appel des syndicalistes à construire la grève généralisée

La mobilisation du 10 septembre a permis de faire reculer le gouvernement. Nous avons gagné le retrait du projet de voler 2 jours de congés fériés aux salarié.e.s.

Mais le nouveau premier Sinistre mènera à coups sûrs, la même politique que Bayrou. Prendre aux travailleurs le fruit de leur travail pour continuer d’enrichir les multinationales et les milliardaires. Ils veulent continuer le Grand Détournement de notre travail.

Le grand patronat représenté par le MEDEF veut que le Budget Bayrou soit voté. Nous pouvons, et devons empêcher ce Budget d’Austérité de passer.

Pour gagner, nous avons besoin d’une gréve généralisée aux plus grands nombres de branches économiques afin de bloquer l’économie et d’imposer au gouvernement et au MEDEF de reculer et de partager les richesses que nous produisons.

Cette grève généralisée nécessite un plan de tournées syndicales sur plusieurs semaines pour informer, motiver et convaincre les travailleurs.euses de se préparer et se mettre en grève dans nos entreprises et aussi dans les secteurs où les syndicats sont absents. Un enchaînement de journées de grève isolées ne serait pas la bonne stratégie et nous empêcherait de préparer une grève forte et unitaire.

Syndicalistes, nous proposerons dans nos organisations, à nos équipes syndicales, ce plan de mobilisation par la programmation de tournées syndicales dans les semaines qui viennent. Pour soutenir la grève à venir, nous appelons à organiser des caisses de grève dans nos organisations syndicales.

Pour signer l’appel et le diffuser :
https://framaforms.org/appel-des-syndicalistes-a-construire-la-greve-generalisee-1757854574

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Caisse de grève : Mode d’emploi



Le mieux est de mettre en place une Caisse de grève à l’avance dans son organisation syndicale.

Par exemple sur chaque cotisation d’adhérent, 1 €uro peut être mis dans la caisse de grève.

Il est possible également d’organiser une collecte pour récolter des dons de soutien soit en collectant dans les manifs, soit par internet par un site de don. Par contre, il est nécessaire de préciser que cette collecte ne s’adresse qu’à ceux qui ne peuvent pas faire grève (retraité.e.s, chômeurs.euses, scolaires, réquisitionné.e.s….). Pour généraliser la  grève et gagner, nous demandons à tous d’y participer. On ne veut pas favoriser la grève par délégation à travers une collecte.

On peut aussi vendre des objets de soutien comme des affiches, des bouteilles de vin… On peut aussi récolter de l’argent en vendant des boissons et sandwichs dans les manifs et rassemblements.

Par expérience, la caisse de grève permet de soutenir financièrement plusieurs dizaines de grévistes.

Dans l’exemple de la grève reconductible de 2019-2020, l’argent a été distribué à ceux qui avaient fait un minimum de 10 jours de grève sur les 2 mois qu’a duré le conflit de 2019-2020.
Pour recevoir l’argent, il fallait fournir la copie de ses fiches de paie pour montrer les retenues de salaire. Nous avons alors divisé l’argent de la caisse de grève par le nombre de demandes pour avoir une somme à verser par jours de grève.

La Caisse de grève ne rembourse pas toute la perte de salaire mais elle permet d’atténuer les conséquences financières pour les grévistes. Elle permet de soutenir le moral des grévistes pour notamment être en capacité de repartir en lutte plus facilement.

Nous avons plusieurs pistes d’améliorations.


– L’argent de la Caisse peut permettre de faire vivre la grève (en payant des repas aux grévistes, prise en charge du covoiturage si pas de transport en commun) et permettre la participation au mouvement.
– Il faut cibler les plus précaires et ensuite partager le restant avec les autres grévistes.
– Pour prétendre à la Caisse de grève, il faut déterminer un nombre minimum de jours de grèves (à la fin) et demander des présence active à la grève (participation aux piquets, Assemblées Générales des grévistes, actions). Tout fraudeur (dégagement syndical pendant la grève, argent non versé à la caisse) ne pourra y prétendre. Il faut un cahier de présence à signer pour contrôler.

Pour éviter les embrouilles, le mieux est de décider du règlement de la Caisse de grève au début du mouvement et de trouver des responsables pour gérer.

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Caisse de grève du syndicat basque ELA pour tenir les grèves jusqu’à la victoire

Caisse de grève du syndicat basque ELA

pour tenir les grèves jusqu’à la victoire

Ane Zelaia, responsable de la syndicalisation au sein du syndicat basque ELA

Certes, il est difficile de tenir une grève longue : on ne connaît pas l’issue, on a peur des conséquences, et les disputes entre collègues peuvent commencer à tout moment… Mais surtout, on est soudainement sans salaire pour vivre. Et, bien sûr, la direction de l’entreprise le sait. Ils savent que les travailleurs ne peuvent pas tenir une grève longtemps, alors ils céderont le plus tôt possible. Ils savent que les travailleurs seront forcés d’accepter n’importe quelle offre sur la table des négociations si la direction tient juste assez longtemps.

C’est là qu’intervient la Caisse de grève du syndicat basque ELA (Solidarité des Travailleurs et Travailleuses Basques). Cette Caisse est un outil de solidarité que chaque syndicat devrait envisager de constituer. Nous avons maintenant 101 000 membres, dans un très petit pays, d’un peu plus de 2 millions d’habitants. Les adhérents du syndicat paient une cotisation mensuelle de 23 €uros, dont 25 % vont directement à la Caisse de grève.

La Caisse est activé automatiquement dans toutes les grèves (à la demande des grévistes, pas par le syndicat), et l’accès à la Caisse de grève est un droit pour chaque adhérent.e.

Si une grève dure plus de 3 jours, la Caisse est immédiatement activée, allant jusqu’à verser 1.163 €uros/mois aux grévistes. La lutte peut ainsi continuer en permettant aux travailleurs de joindre les deux bouts.

23 €uros c’est bien sûr une cotisation plus élevée que ce qui est prélevée habituellement dans les syndicats. Mais, encore une fois, plus de 101.000 travailleurs, de tous les secteurs (sidérurgie, soins, santé, éducation, nettoyage, commerce…) la paient chaque mois, sachant que cet effort supplémentaire permettra à d’autres travailleurs de se battre, de résister.

La décision de continuer à alimenter la Caisse ne se fait pas sans difficultés. Les syndicats ont toujours du mal à trouver des ressources, et gagner des membres serait plus facile avec une cotisation moins chère. Mais c’est une décision réfléchie : nous croyons fermement à la valeur et à l’importance de faire grève pour 3 raisons :

1. Certaines victoires, généralement les plus importantes, ne sont possibles que grâce à une grève.

2. Toute grève crée un précédent, tant pour les travailleurs que pour la direction de l’entreprise.

3. Les grèves renforcent notre identité de classe. Elles nous montrent de quel côté nous sommes.

Grâce à la Caisse, et grâce à la solidarité mensuelle de plus de 100.000 syndiqués, plus de 13.000 adhérent.es ont fait grève avec nous depuis 2017.

Nous avons eu des grèves qui ont duré 6 mois, 9 mois, voire 2 ans. Cela envoie un message puissant à toutes les directions d’entreprises du pays. Cela veut dit « Nous le ferons et nous ne reculerons pas ».

Le montant exact de notre Caisse est l’un des secrets les mieux gardés de notre pays. Celui que le gouvernement et les directions tentent depuis longtemps de percer. Mais, bien sûr, notre avenir réside dans cette Caisse. L’avenir de milliers de travailleurs en dépend. Cela restera donc secret.

Elle est assurément puissante et active, permettant à notre pays, notre petit pays, d’être celui où il y a le plus de grèves en Europe.

Comme je l’ai déjà dit, la Caisse de grève est un formidable outil de solidarité. Une stratégie syndicale est conditionnée par ses outils. La création de cet outil il y a 45 ans était une décision stratégique qui a été confirmée à chaque étape historique de notre confédération.

La Caisse de grève garantit une alternative. Pourquoi ? Parce que c’est puéril de penser que les grèves se gagnent juste parce qu’on a raison, ou parce qu’on est du bon côté de l’histoire.

Les grèves sont gagnées lorsque les travailleurs résistent et lorsque les entreprises savent que les travailleurs peuvent, de fait, résister. La perte de salaire pendant une grève est le plus gros fardeau pour les travailleurs, et la Caisse cherche à créer un minimum d’équilibre entre des forces initialement déséquilibrées en faveur des directions d’entreprises.

Les résultats des grèves sont évidents : nous obtenons plus d’accords et des meilleurs accords.

Les accords dépendent du résultat de ces grèves, et c’est la mission d’un syndicat de les renforcer. Et ce n’est pas seulement la capacité de gagner les grèves. L’existence même de la Caisse évite des grèves et aide à obtenir des contrats incroyables, simplement parce que la direction sait avec certitude que nous résisterons et que nous pouvons mener une grève longue. Et dans les grèves que nous ne pouvons pas éviter, nous avons la capacité de tenir jusqu’à ce que l’offre qu’ils mettent sur la table corresponde exactement à ce que nous avons demandé.

La Caisse est un message pour chaque entreprise du pays. La Caisse est la raison pour laquelle les salaires et les conditions de travail sont bien meilleurs au pays basque que dans le reste de l’Espagne. Parce que nous ne sommes pas obligés de signer des accords au rabais. Parce que nous avons une alternative.

Nous ne pouvons pas et ne voulons pas dépendre de la charité et des collectes de fonds à chaque grève. Nous voulons que chaque membre sache que, s’il en a besoin, il y a plus de 100 000 camarades qui les soutiennent.

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